Quand tu diriges une entreprise en 2026
Ou comment faire prospérer son entreprise quand les repères établis disparaissent un à un.
2026 a commencé depuis quelques jours et le sentiment de “gros bordel” prend encore un peu plus d’épaisseur. Trump joue les cow-boy au Venezuela sans que la communauté internationale ne réagisse. Les rumeurs sur l’éclatement de la bulle IA s’amplifient. La France n’a toujours pas de budget pour cette nouvelle année et le nombre de faillites d’entreprises françaises atteint des records...
Nous sommes dans un contexte de plus en plus incertain et n’importe quelle dirigeant·e d’entreprise peut se demander “Mais je m’en sors comment ?”
En guise de bonne année, voici quelques conseils qui me semblent utiles pour y parvenir :
Sortir du tout rationnel
Nous avons tous été formés à analyser des données, évaluer des options pour finalement opter pour les décisions les plus rationnelles. Dans un monde régi par la loi du plus fort, le rationnel disparait et les renversements soudains deviennent la norme. À tel point que les analyses et décisions d’un jour peuvent devenir obsolètes dès le lendemain. L’idée n’est pas d’oublier les chiffres ou les données mais bien de varier les critères de décisions et de ramener de l’observation, de l’interaction et pas mal de feeling et de décibels.
Laisser de la place pour l’intuition
Quand le rationnel montre ses limites, quand les machines exécutent à peu près tout et pensent de plus en plus à notre place, osons accorder une plus grande place à nos intuitions.
Je n’en reviendrai pas à appliquer ce que j’avais entendu à mon stage de fin d’études en agence de pub, le fameux “Moins de tests, plus de testicules” de Seguela (oui c’était une autre époque - 2008) mais l’idée est là, remettons de l’humain dans nos initiatives pour retrouver du sens et de l’authenticité.
Les indices et signes qui influenceront vos décisions ne se résument pas qu’à des chiffres. Partez sur le terrain à la rencontre de vos clients, fournisseurs ou prescripteurs par exemple ou continuez à lire et à prendre du recul pour faire les connexions entre les éléments, comprendre les incidences potentielles de tel évènement que ce soit pour votre entreprise ou votre écosystème.
Prioriser la résilience de votre organisation
Encore beaucoup d’entreprises sont soumises à des impératifs élevés de rentabilité. Les acteurs financiers intègrent pourtant de plus en plus les paramètres extra-financiers dans leurs analyses, et donc la résilience d’une entreprise.
Certes, améliorer son autonomie, diversifier ses sources d’approvisionnements, éviter les effets domino sur ses activités par exemple, peuvent représenter des nouveaux coûts mais ce sont des investissements précieux pour améliorer votre pérennité. C’est un juste équilibre que seul·e vous êtes capable de trouver.
Permettre la résilience de son écosystème
Investir dans votre résilience est une nécessité mais elle s’avère insuffisante si vous êtes seuls dans cette démarche. Si vos fournisseurs clés font faillite par exemple, difficile pour vous de continuer votre activité. Encore une fois, l’idée de la résilience n’est pas de préparer un bunker ultra-sécurisé mais de permettre au collectif dont vous faites partie d’être capable de résister et de se transformer face aux chocs potentiels.
Quelque soit votre domaine d’activité, c’est avec cette recherche de résilience que vous pouvez repenser vos activités et créer de nouvelles opportunités pour vous et votre écosystème.
Si vous êtes fournisseurs de services informatiques, pourquoi ne pas proposer des solutions libérées des GAFAM ? Certains le font déjà comme OVH ou Infomaniak (notre fournisseur depuis le début chez Circulab que je recommande), et d’autres comme Airbus s’apprêtent à ouvrir un AO dans ce sens pour l’hébergement de leurs données.
Si vous êtes distributeur de machines, pourquoi ne pas proposer un service de réparation ou de reconditionnement ? Vous ouvrirez de nouvelles opportunités économiques pour votre entreprise tout en créant des emplois locaux, en relocalisant des savoir-faire sur votre territoire.
Si vous êtes restaurateur, pourquoi ne pas créer et faire prospérer un écosystème de maraîchers, de fromagers ou d’éleveurs bio exclusivement dans votre département et en faire un atout distinctif de votre marque ?
Recréer du lien
Là aussi, les machines sont inutiles sur ce sujet, je dirais même au contraire quand on voit ce qu’en fait Musk. Recréer du lien aussi bien au niveau personnel que professionnel est probablement la meilleure chose à faire pour se sortir de ce contexte aussi moribond. Je vous recommande d’ailleurs chaudement cette récente interview sur Sismique de Pablo Servigne (notamment à partir de 1h15min sur ce sujet des liens).
De ces rencontres et de ces échanges renait l’empathie et les actions collectives. L’avenir sera le résultat de ce que nous faisons aujourd’hui et je suis persuadé que rien n’est écrit, contrairement à ce qu’on nous rabâche à longueur de journée dans les médias… Même la majorité de la population américaine admet que le changement climatique impacte directement leur niveau de vie, et ils sont de plus en plus nombreux à s’opposer à la politique énergétique de Trump ou même à s’opposer à l’installation de nouveaux data centers.
Rien n’est écrit…
C’est à nous de jouer.
Notre monde entre de plein pied dans le chaos mais c’est une formidable opportunité pour chaque dirigeant.e d’entreprise de changer de façon de décider et d’enfin apprendre à faire mieux avec moins dans un monde incertain.
Je serai content de continuer chaque semaine de vous distiller mes quelques retours d’expériences, entretiens via Radio Circulab et observations sur cette démarche à travers cette newsletter qui continue de grandir, merci à vous ! D’ailleurs, si vous avez des suggestions de personnes à interviewer ou à rencontrer, je suis preneur.
Et évidemment excellente année à toutes et tous.





Belle année à toi aussi Brieuc ! Je nous souhaite qu'en 2026, plus de dirigeants comprennent l'importance du long-terme !