Quand tu penses que tu vas être remplacé
On a développé une IA pour déployer l'économie circulaire. On m'a demandé si on était en train de nous supprimer nous-même.
D’abord, un grand merci pour vos feedback et abonnements sur la dernière édition, ravi qu’elle vous ait plue.
Si vous ne le faites pas déjà, en plus de lire Adaptable(s), vous pouvez :
découvrir le nouveau site produit par l’équipe Circulab, appelé resiliencedentreprise.fr ou on explique mieux MADRE (notre méthode d’aide à la décision pour la résilience d’entreprise).
repenser votre business model et votre écosystème de partenaires avec les outils de la Circulab Academy.
abonner vos collègues et votre équipe à Adaptable(s) ;-)
Fini la promo, place à la lettre de la semaine.
« Mais tu n’as pas l’impression que tu vas nous remplacer ? »
La question est venue d’un membre de la Circulab Community. Il venait d’obtenir une réponse de Janine, notre coach IA sur l’économie circulaire, et il était bluffé. Pas par la magie de la technologie mais par la pertinence de la réponse. Il reconnaissait la méthode Circulab déployée en quelques secondes par l’outil.
J’ai souri… parce que je me suis posé la même question.
On développe un outil qui pourrait nous rendre obsolète
C’est le paradoxe dans lequel je vis depuis les quelques mois ou on s’est lancé dans ce projet.
Je suis consultant en économie circulaire depuis presque 15 ans. Et j’ai contribué à entraîner une IA capable de déployer notre méthode, d’identifier les vulnérabilités d’une entreprise, d’appliquer les leviers de l’économie circulaire à un modèle économique ou encore trouver des exemples pertinents à n’importe quel moment de la journée.
Je serais malhonnête si je disais que ça ne changeait rien.
L’IA fait pas mal de choses mieux que moi ou que beaucoup de mes confrères ou consœurs. Elle ne fait pas de pause. Elle ne rate pas un article académique et peut accompagner dix clients en parallèle.
Mais l’économie circulaire n’est pas qu’un sujet de savoir
L’économie circulaire est d’une forte complexité. Personne, aucun humain ou aucune IA à ma connaissance, ne peut prétendre tout maîtriser. Dans ce contexte, l’IA n’est pas une concurrente. C’est un levier pour aller plus en profondeur, plus vite, sur des terrains où la connaissance seule suffit.
Le problème, c’est que la connaissance seule ne suffit presque jamais.
Transformer une entreprise, ce n’est pas juste livrer des belles slides. C’est créer les conditions pour que les équipes changent de façon de décider, de coopérer, de se projeter. C’est comprendre les dynamiques d’une équipe. Sentir les résistances qui peuvent tout faire valser. Poser la bonne question pour faciliter la prise de décision entre deux options.
Ça, une machine n’est pas conçue pour le faire. Pas parce qu’elle en serait incapable un jour, je n’en sais rien, mais tout simplement parce que ce n’est pas pour ça qu’on la construit.
La vraie menace n’est pas l’IA
Ce qui va souffrir, c’est un certain modèle de conseil.
Celui qui consiste à packager du savoir, à le standardiser, à le vendre sous forme d’atelier standard ou de livrables packagés. Ce modèle-là est déjà fragilisé. L’IA ne fait qu’accélérer l’échéance.
Le consultant dont la valeur réside dans ce qu’il sait, et uniquement dans ça, est en danger réel. L’intelligence est devenue une commodité, si bien que le savoir seul ne justifie plus un tarif journalier puisqu’un abonnement à 20 euros par mois le rend en grande partie accessible (les risques d’hallucinations de certains LLM ne peuvent pas être ignorés).
En revanche, celui dont la valeur réside dans ce qu’il fait faire aux autres : aligner des équipes, “horizontaliser” le savoir, faire coopérer ou décider. J’ose croire que celui ou celle-là a encore de beaux jours à venir. Peut-être même de meilleurs, puisque l’IA va leur libérer du temps pour aller là où ils sont irremplaçables.

Je peux me tromper. On est qu’au début de l’histoire. Il y a encore 3 mois, je n’avais ni codé Janine, ni d’idée bien arrêtée sur le sujet… et tout va tellement vite.
Mais j’ai plus le sentiment que l’économie circulaire souffre davantage du backlash de ceux qui refusent de voir l’évidence de la situation (non 35°C en mai dans toute la France, ce n’est pas normal et ce ne sera pas sans conséquences) que de l’essor de l’IA. Et que les consultants qui disparaîtront ne seront pas ceux que l’IA a remplacés. Ce seront ceux qui n’ont jamais su quoi faire quand le savoir ne suffisait plus.
Pour améliorer votre adaptabilité
Ce raisonnement ne vaut pas que pour les consultants.
Si vous vous appuyez sur des experts, des prestataires, des équipes spécialisées, posez-vous ces trois questions :
1. Se demander ou est la vraie valeur de la personne, en se demandant qu’est-ce que j’aurais fait différemment sans elle ou lui ? Qu’est-ce que la personne en question a permis de débloquer une réunion ? de faciliter une prise de décision ? ou encore de faire prendre conscience d’une vulnérabilités de l’entreprise ?
2. Inversement, se poser la question de ce qu’aurait permis une IA dans telle ou telle situation ? Est-ce un gain de temps ? Une meilleure compréhension de l’existant pour mieux décider ? La remontée d’une info ignorée ou oubliée jusqu’à présent ?
3. Enfin, qu’est-ce que peut permettre l’IA à l’échelle de votre écosystème ? Comme je l’évoquais il y a quelques semaines, ce n’est pas la techno qui amène aux business models les plus impactants, c’est souvent comment on les utilise et ce qu’elles permettent de mettre en mouvement.
et si cela vous a plu, un petit ❤️ sur l’article ou un partage auprès de vos contacts fait toujours plaisir.


