Quand moins de techno créé plus d'avantages compétitifs
À l'heure de l'IA à tout va, difficile d'imaginer d'autres voies de réussite... et pourtant les low tech ouvrent bien d'autres options pour améliorer nos façons de vivre et d'évoluer.
Si vous ne le faites pas déjà, en plus de lire Adaptable(s), vous pouvez :
découvrir le tout nouveau site produit par l’équipe Circulab, appelé resiliencedentreprise.fr ou on explique mieux MADRE.
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Fini la promo, place à la lettre de la semaine.
28 avril 2025, 12h33.
Les réseaux électriques espagnols et portugais s’arrêtent d’un coup d'un seul.
Ce black out, pas loin non plus de faire plonger aussi la France, déclenche un véritable chaos.
Plus d’électricité signifie arrêt des trains, des aéroports, des moyens de télécommunications, du traitement des eaux et à peu près tout ce qui fait fonctionner nos sociétés au quotidien.
Sans nous en rendre compte, nous avons adopté des technologies très puissantes qui n’étaient que très peu répandues encore dans les années 50. Si bien que le jour où nous n’y avons plus accès, nous commençons tout juste à nous poser ces quelques questions basiques :
d’où vient cette techno ?
pourquoi cela s’arrête ?
comment ai-je pu être si dépendant sans m’en rendre compte avant ?
et surtout, je fais comment sans ?
Tech partout, autonomie nul part ?
Ces technologies de pointes, déployées à grande échelle sont tellement disponibles que ces questions ne sont jamais posées. Pourtant chacune d’entre elle cache :
les choix et intérêts de quelques uns, le rachat de Twitter par Elon Musk est particulièrement éloquent quand on repense à ce qu’était l’outil avant son arrivée et l’outil de propagande que c’est devenu sans compter son rôle dans l’élection de Trump par exemple.
ses impacts sociaux, économiques et environnementaux par exemple, on ne voit que ce qui nous arrive sur un plateau et non la centrale à charbon ou le data center qui fera les calculs de nos conversations avec une IA.
surtout notre incapacité à faire sans, l’électricité est tellement intégrée à notre quotidien que vous n’imaginez pas votre propre entreprise fonctionner sans. Il en sera probablement de même dans quelques temps pour ceux ou celles qui misent tout sur l’IA.
Les fluctuations actuelles ou les potentielles à venir nous rappellent que nos dépendances se révèlent préjudiciables et visibles uniquement le jour ou elles font défaut. Les anticiper n’est pas seulement un exercice contraignant, c’est aussi une source d’opportunités insoupçonnées.
Moins de high, plus de liens ?
J’ai eu le plaisir d’échanger avec Loïc Perochon, co-fondateur de la Belle Tech. Spécialiste des low techs, Loïc nous présente évidemment la démarche mais surtout les nombreuses opportunités qu’elles peuvent amener.
Quand on parle de low tech, malheureusement, on a parfois tendance à entendre des préjugés méprisants, “on va pas revenir à l’âge de pierre non plus ?” suivi du classique “et encore moins la lampe à huile”. La conversation avec Loïc permet, non seulement de déplacer le sujet de la sacro-sainte performance qu’on peut habituellement attendre des technologies mais aussi de reconsidérer des aspects qu’on a trop souvent oubliés.
Point essentiel pour commencer, les low techs permettent tout d’abord de se réapproprier la technique. Pour un vélo classique, on l’utilise évidemment mais on peut aussi le réparer, l’améliorer (comme propose Ref Bikes) ou encore le détourner pour les plus volontaires avec Noil par exemple. Rien à voir avec n’importe quelle voiture neuve qui sort d’une concession aujourd’hui où une simple mise à jour à distance peut la rendre inopérante (merci les GAFAM).
Ce changement de rôles sous-entend que l’on a accès au processus de fonctionnement et que la montée en autonomie est bien plus facile à envisager puisqu’elle est permise dès la conception elle-même. Cette implication permet aussi les retours d’expériences et donc les échanges entre pairs. De la contrainte nait les interactions. En effet, face à une difficulté, vous faites plus facilement appel à d’autres. Et comme ces low tech sont dans le monde réel, elles créent, ce qu’aucune high tech ne pourra faire aussi bien, des liens physiques.
Créer des liens entre humains et tous les vivants
L’absence de boite noire recréé aussi de la confiance dans la technique, redonne une maitrise et facilite la diffusion du savoir-faire. Il suffit de passer la porte d’une association de réparation de vélo pour s’en rendre compte…
D’ailleurs, Loïc vous invite au Trophée Velhio si vous voulez expérimenter le montage de vélos solaires nouvelle génération.
Mais ces interactions ne s’arrêtent pas aux utilisateurs ou aux réparatrices. C’est probablement là où les low tech n’ont pas fini de nous élever. En plus de répondre aux fonctions les plus essentielles, elles incitent à repartir de ce qui est déjà là et à s’insérer dans le système existant. Cela sous-entend faire avec ce qui est présent mais aussi en ayant des impacts positifs pour le vivant.
Loïc évoque la production de biochar par un ESAT (établissement ou service d’aide par le travail) qu’ils ont conçu et mis en place. En repartant de déchets verts issus des déchets de chantier des personnes de l’ESAT, ils ont créé des réductions de coûts comme le transport et l’élimination des déchets verts. Une nouvelle source de revenus à travers ce produit a été créé mais aussi tout une suite d’impacts sociaux et environnementaux positifs comme la capture de CO2, la retenue de l’eau dans les sols ou encore leur fertilité.
Cette activité low tech améliore aussi la résilience du territoire pour le traitement de l’eau par exemple. En effet, la présence de plus en plus grande des pesticides nécessite du charbon pour la filtrer. En France, nous n’exploitons plus le charbon depuis longtemps, si bien que les collectivités françaises l’importe de pays lointains pour répondre à nos besoins en eau. Entendons-nous bien, le plus simple serait d’arrêter les pesticides…
Pour améliorer votre Adaptabilité
1. Cartographier les dépendances techniques critiques
Listez les technologies sans lesquelles votre entreprise s’arrête dans la minute, que ce soit l’électricité, le cloud, les logiciels SaaS, connectivité… Ce diagnostic simple révèle souvent des vulnérabilités souvent non-considérées, et c’est précisément ce que le black-out en Espagne a parfaitement illustré.
2. Évaluer la “réparabilité” des outils
Pour chaque dépendance critique, demandez-vous qui peut intervenir ? Une dépendance totale à un prestataire externe est un risque opérationnel. Préférez, quand c’est possible, des solutions où vous êtes plus acteurs que simple clients.
3. Considérer les low techs comme source d’inspiration
Il ne s’agit pas de supprimer les outils numériques ou votre arrivée d’électricité mais plutôt de prévoir des alternatives fonctionnelles en cas de besoin. Quels flux pourraient continuer à tourner sans internet ? Que pourrait permettre un stockage d’électricité ?
4. Transformer les contraintes en opportunités pour créer de la valeur systémique
L’exemple du biochar produit par un ESAT à partir de déchets verts le démontre : une contrainte (gérer des déchets, réduire les coûts) peut devenir une nouvelle source de revenus et un avantage concurrentiel local. Cherchez dans vos propres contraintes les ressources que vous n’avez pas encore monétisées.
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Je trouve que c'est extra important : "Créer des liens entre humains et tous les vivants"